III - Mais leur intégration n'est pas complète.

          L'intégration de toute personnes ayant un handicap, passe par l'école et le travail mais malheureusement ce sont dans ces lieux que l'on voit de nombreuses injustices et inégalités. 

a - Les injustices liées au handicap dans le milieu scolaire et professionnel.

          Malgré les progrès réalisés pour la scolarité des enfants handicapés, il reste beaucoup d'injustices.

          En France, 20 000 enfants handicapés âgés de 6 à 16 ans ne seraient toujours pas scolarisés, à cause d'un manque de place dans les écoles spécialisées ou par le manque d'effectif dans les écoles ordinaires. Les auxiliaires de vie n'ont pas toujours le diplôme qu'il faut, puisque on peut le devenir avec le baccalauréat ou un diplôme équivalent. Donc, les auxiliaires de vie n'ont pas toujours les compétences requises pour aider ces enfants. De plus certains référents scolaires (personne faisant le lien entre l'école et la maison Départementale des Personnes Handicapées, MDPH) disent au médecins et aux parents que le l'hôpital de jour serait une meilleure chose pour l'enfant, alors que cela n'est pas le travail du référent. Tout ceci est fait pour faire pression sur les parents, pour qu'il retire l'enfant de l'établissement publique dans lequel il se trouve. Ces référents sont souvent appuyer par les enseigants, qui écrive dans des rapports que l'enfant handicapé est violent avec les autres enfants alors que celui-ci veut juste se rapprocher d'eux. La non-intégration des élèves handicapés ne vient donc pas des handicapés mais des personnes valides les entourants, et surtout de l'Education nationale. Enfin, les établissements scolaires ne sont pas toujours adaptés pour accueillir des enfants handicapés, comme un établissement avec des marches, sans ascenseur... Le collège de Moulin-la-Marche a été reconstruit pour cela. En 2010, l'établissement avait du refuser 4 élèves handicapés puisqu'il ne pouvait pas les accueillirs, car il n'était pas adapté.

           

          Dans le milieu du travail, l'intégration des personnes handicapées n'est pas complète. La loi du 10 juillet 1987 oblige les entreprises qui ont plus de 20 salariés, à embaucher des personnes handicapées (jusqu'à 6 %), qui souhaitent travailler dans leur entreprise. Si cette loi n'est pas respectée, il y a donc des sanctions. Si les entreprises ne veulent pas embaucher des personnes handicapées dans leur entreprise, elles doivent donc verser de l'argent à l'Agefiph (Association de gestion du fonds de l’insertion professionnelle des personnes handicapées), qui finance les aides pour les personnes ayant un handicap. Environ 600 millions d'euros sont verser à l'Agefiph par an par les entreprises pour ne pas avoir respecter la loi. D'autres établissements préfèrent remplir leur obligation par des contributions financières que d'employer une personne handicapée dans leur établissement. Ce qui peut expliquer le taux de chômage qui est de 19 %  chez les personnes handicapées soit deux fois supérieur à la population moyenne. D'autres entreprises emploient des personnes ayant un handicap car elles y sont obligées par la loi.graphique.png

          Le document est un diagramme qui présente les établissements qui emploient les personnes handicapées en 2009 selon l'Agefiph.


Sur 100 entreprises, 39 ont un nombre de travailleurs handicapés supérieur à 6 % selon Agefiph en 2009.

Sur 100 entreprises, 61 ont un nombre de travailleurs handicapés inférieur à 6 % selon Agefiph en 2009.

           Les personnes handicapées qui ne travaillent pas, on le droit aux allocations aux adultes handicapés (AAH), environ 700 euros par mois, mais cela ne suffit car elles vivent en dessous du seuil de pauvreté, qui est de 963 euros par mois ; elles ont un revenu mensuel inférieur à 60% du niveau de vie médian.

b - Des discriminations qui peuvent être en partie expliqués par la sociologie.

          Même si la société est plus tolérante face aux individus handicapés, il existe toujours beaucoup d'injustices et beaucoup de discrimination. Certaines personnes sont rejetées, discriminées, ignorées et mise à l'écart en raison de leur handicap ou bien à l'inverse certaines personnes valides n'éprouvent qu'une grande pitié en présence des personnes handicapées.

 

          En effet, certaines personnes valides rejettent les personnes ayant un handicap car elles ont peur, cela se traduit souvent par des discriminations plus ou moins violentes (cela peut aller d'insultes prononcées jusqu'à des violences physiques). On peut penser que cette peur est dû à la peur de la différence, ou bien comme le dit Pascal Prayez dans Le Miroir du Handicap qu'elle relève plutôt de « la peur de la ressemblance ». Cela signifie que dès le plus jeune âge les individus  intériorisent les valeurs de la société ou du groupe social auquel ils appartiennent par différents procédés de socialisation (cela signifie le processus au cours duquel un individu intériorise un modèle culturel c'est-à-dire un ensemble de manière de penser et d'agir propre à un groupe social ou à une société); l'un de ces procédés est l'imitation, l'individu reproduit donc ce qu'il observe autour de lui. Or une personne ayant un handicap possède une gestuelle ou une manière d'accomplir les actions différentes de celle d'une personne valide. La personne valide est donc dans un premier temps interpellé par ces différences, ce qui peut mener à une fixation désagréable pour la personne handicapée puis par peur d'imitation, cet individu peut se braquer et décider d'ignorer totalement ou de discriminer la personne handicapée. Simone Sausse dit par exemple dans Le miroir brisé : « Qu'est-ce qu'un handicapé? - Celui qui te fait croire que tu es normal... ». Cette phrase explique elle aussi le fait de rejeter les différences entre valides et invalides.

 

           D'autres individus, eux, cherchent à tout prix à « soigner » le handicap. Ils abordent donc l'intégration avec plus de tolérance mais ne savent pas comment se comporter, ils ont pitiés des personnes ayant un handicap et cherchent à tout prix à « soigner » ce handicap. Bien sûr cela est possible, comme par exemple pour des personnes paralysés qui retrouve la fonction d'un de leur membre, ou bien des personnes en chaise roulante qui retrouve l'usage de leur jambe ou encore des soins matériels permettant de retrouver certaines fonctions notamment les prothèse, les  appareils auditifs et bien d'autres. Mais ils existent aussi des handicaps que l'on ne peut pas soigner notamment la plupart des handicap mentaux, dans ce cas la personne ne sait plus comment réagir et   elle ne se comporte donc plus de manière naturelle. Or beaucoup de personnes handicapées souffre énormément de ce genre de comportement et préfère-ré être traiter comme tout autres personne valide. Le film Intouchables réalisé par Olivier Nakache et de Éric Toledano et inspiré de la vie de Philippe Pozzo di Borgo et de Abdel Yasmin Sellou, est l'un des premiers films à avoir abordé le sujet du handicap tout en ayant un grand succès. Dans ce film ce genre de comportements ainsi que ces conséquences est très bien mis en scène, puisque Philippe interprété par François Cluzet décide d'engager Driss interprété par Omar Sy car celui ne change pas de comportement en sa présence. Plus tard dans le film on verra aussi que Philippe est très affecter par le comportement des autres individus puisque après le départ de Driss, il engage beaucoup d'assistants qui ne le voient pas comme une personne mais comme un handicapé et qui en font donc trop, Philippe se renferme donc et devient dépressif.

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L'affiche du film Intouchables sortie en 2011 

 

          Ensuite, il y a une stigmatisation qui s'opère sur les individus ayant un comportement  déviant (c'est-à-dire les individus qui ne respecte pas les normes ou les valeurs de leur société ou de leur groupe social). En effet, les personnes handicapées étant stigmatisées dans leur groupe social ou dans leur société peuvent décider d'en changer, ce processus d'apprentissage et d'intériorisation des normes et des valeurs du groupe auquel on souhaite appartenir, est appelée socialisation anticipatrice. Celle-ci amène à rompre avec le comportement du groupe d'appartenance (groupe dont l'individu fait partie) pour adopter celui du groupe de référence (celui que l'individu prend comme modèle de conduite). Ce changement, s'il s'effectue vers le groupe de « stigmatisés » comme l'appelle Erving Goffman (1922 - 1982) créé des liens entre les personnes stigmatisées, mais contraint les liens avec les personnes de la société « normale » comme l'a définie E. Goffman dans son ouvrage Stigmate, c'est-à-dire les personnes qui ne sont pas stigmatisées. D'autre part, si une personne accepte une autre personne stigmatisée, notamment les personnes handicapées, il se peut qu'à son tour elle soit aussi stigmatisée, cela présente donc aussi l'une des raisons pourquoi il existe une discrimination.

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Erving Goffmann (1922 - 1982)

 

          Enfin, le handicap est un sujet plutôt récent puisque la notion de handicap n'apparaît qu'en 1967. Il reste donc encore beaucoup d'idées reçues, qui ralentissent l'intégration. Par ailleurs lors d'un entretien avec des infirmiers psychiatriques, ils ont aussi parlés des médias qui n'encourage pas forcement cette intégration puisqu'ils ont tendance à généraliser l'action d'une personne à un autre groupe de personnes, notamment lorsqu'il s'agit d'une affaire de meurtre commis par une personne fragile psychologiquement ou par une personne ayant un handicap mental. 

c - Les différences injustices existantes.

          Les personnes handicapées ne sont pas soumises aux même injustices et aux même discriminations en fonction de leur handicap, en effet au cour de nos entretiens nous avons découvert que les personnes handicapées mentalement, sont souvent plus sujette aux rejets, tandis que les personnes handicapées physiquement souffrent plus des injustices liés à l'accès des lieux. En effet, lors d'une étude réalisée par l'Insee, les jeunes atteints d'une déficience mentale déclarent plutôt être mis à l'écart, tandis que les jeunes atteints d'un handicap physique se plaignent plutôt des refus de droits.

          De la même manière les jeunes sont plus touchés par les discriminations que les personnes adultes. En effet selon l'article Handicap: les jeunes plus discriminé que les adultes publié par Le Parisien, 31% des personnes ayant entre 25 et 54 ans déclarent avoir subi des discriminations due à leur état de santé ou à leur handicap contre 45% des personnes ayant entre 10 et 24 ans. On voit notamment que ce type de discriminations disparait avec l'âge.

          Au même titre, il y a des injustices entre les différentes catégories socioprofessionnelles. On voit par exemple qu'en raison de leur difficultés ou de leur lacunes, il y a moins de personnes handicapées dans la catégorie socioprofessionnel des commerçants et artisans. En effet, sur 100 personnes en situation de handicap ou d'incapacité, seulement 7 sont commerçants ou artisans selon l'Insee, en France, en 2008. Pour les autres catégories socioprofessionnels, on remarque qu'il y a une égalité de la répartition des personnes handicapées, même si, parmis, on peut compter d'avantage d'employés. Sur 100 personnes en situation de handicap ou d'incapacité, 20 sont ouvriers contre 24 cadres, selon l'Insee, en France, en 2008. Et sur 100 personnes en situation de handicap ou d'incapacité, 22 font partis de la catégorie des professions intermédiaires contre 27 employés, selon l'Insee, en France, en 2008.

          Ensuite, certaines attentes d'amélioration des conditions de vie des personnes handicapées ne sont pas respectées, il y avait notamment un projet de rendre tous les bâtiments recevant du public accessible aux personnes ayant un handicap avant le 1er Janvier 2015, selon un article du journal Libération datant de 2012.

          Puis, compte tenu des moyens de transports ainsi que des lieux accueillants les vacanciers, qui ne sont pas toujours adaptés pour les personnes handicapées, celle-ci partent moins en vacances que la moyenne de la population. D'ailleurs même s'ils trouvaient un lieu et un transport adapté à leur besoins certains n'auraient pas les moyens financiers de partir, puisqu'ils vivent en dessous du seuil de pauvreté. L'argent est donc un facteur important dans l'intégration des peronnes handicapées ou même valide.


On peut donc conclure que de nos jours, on trouvent encore beaucoup de discriminations envers les personnes handicapées.

 

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